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Instabilité des écoulements |
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a) Instabilité découlements décollés
Les instabilités linéaires et plus récemment non linéaires dune couche limite ont été depuis près dun siècle très étudiées dans des configurations très diverses.
Lorsque le gradient de pression est positif et que son intensité dépasse une certaine valeur, la couche limite décolle. Dans ce cas, la nature des instabilités et les mécanismes de transition vers la turbulence sont mal connus. Lorsque le décollement devient massif, la nature convective des instabilités peut changer et devenir, dans les zones les plus décollées, absolue. En régime incompressible et dans le cadre dune approximation WKB (lécoulement de base est supposé faiblement non parallèle) Chomaz et al. ont montré que lexistence dune poche dinstabilité absolue est une condition nécessaire à lexistence dinstabilité globale. Cette condition nécessaire permet de relier les caractéristiques locales des instabilités aux propriétés globales. Dans ce cas, le système fluide ne se comporte plus comme un amplificateur de bruit (caractéristique des instabilités convectives) mais comme un résonateur hydrodynamique. Concrètement, lécoulement est animé doscillations auto-entretenues le plus souvent à une fréquence bien définie.
Mais quen est-il lorsque lécoulement est compressible et/ou fortement non parallèle ? Une étude préliminaire sur une couche limite auto-semblable a été réalisée (Robinet 2001) pour différent nombre de Mach. Il a été mis en évidence quune transition convective-absolue (CA) survient lorsque le rapport entre la vitesse de lécoulement de retour dans la zone décollée et la vitesse de lécoulement extérieur est supérieur à une valeur critique. Cette valeur critique dépend du nombre de Mach et de la température de la paroi. Elle est de 20% pour un écoulement incompressible et près de 30% lorsque lécoulement est supersonique (M<3). Les conditions dexistence dune instabilité absolue sont donc plus contraignantes pour une couche limite supersonique quune couche limite subsonique. Une analyse similaire a été réalisée pour une couche de mélange libre ou confiné, donnant des résultats similaires lorsque la couche de mélange est libre et mettant en évidence en régime supersonique une transition CA reliée à lexistence de parois (Robinet et al.2001).
b) Instabilité découlements discontinus : cas dune onde de choc
Cette étude est consacré à lanalyse de la stabilité linéaire des ondes de choc en écoulement transsonique et supersonique. Dans un certain nombre de situations concrètes, en particulier en présence de décollement, les ondes de choc ne sont pas stationnaires; elles génèrent des phénomènes instationnaires à des fréquences relativement basses susceptibles dengendrer des vibrations de la structure des avions (phénomène de tremblement) ou dans des moteurs fusées (problème de charges latérales).
Dans ce contexte, une analyse de stabilité linéaire pour des écoulements en présence dune onde de choc a été réalisée, permettant détudier aussi bien des configurations simples, comme un écoulement dans un tube à choc (Robinet et al. 2000) que des écoulements dans une tuyère (Robinet & Casalis 1998, Robinet & Casalis1999) ou autour dun profil daile (Robinet & Casalis 2001). Létude de la stabilité linéaire dune onde de choc dans un tube a permis de mettre en évidence un mode instable solution des équations des équations dEuler linéarisées et du choc et de montrer par une comparaison à des calculs numériques, que le phénomène du carbuncle a, sans doute pour origine ce mode instable. Dans une tuyère ou sur un profil daile, lanalyse de stabilité du choc et létude de la réponse du choc à un forçage linéaire ont montré une grande sélectivité en fréquence du mouvement du choc laissant supposer quun décollement peut servir de source excitatrice à relativement large bande. La réponse du choc, contenue dans une bande relativement étroite peut donc servir de synchronisation à des perturbations présentes dans lécoulement.
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